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Réintégration ou façade ? Les migrants nigérians de retour remettent en question la promesse d’un nouveau départ

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Au Forum social mondial de Cotonou, des migrants nigérians de retour ont remis en question la promesse de réintégration, estimant que ramener des personnes dans leur pays sans s’attaquer aux traumatismes, à la pauvreté, à la stigmatisation et aux raisons qui les avaient poussées à partir ne revient pas à les aider à reconstruire leur vie.

Pour de nombreux programmes de migration, le récit semble simple : un migrant part, rencontre des difficultés, rentre chez lui et reçoit un soutien pour recommencer.

Mais pour les migrants nigérians de retour qui se sont réunis au Forum social mondial à Cotonou en 2026, la réalité est bien plus complexe.

Derrière le langage du retour volontaire assisté et de la réintégration se cachent des histoires de détention, de coercition, de traumatismes, de stigmatisation, de formations inadéquates, d’entreprises ayant échoué et une question douloureuse qui a résonné tout au long de la discussion :

Réintégration dans quoi ?

Les participants ne se sont pas exprimés comme des statistiques ou des bénéficiaires de programmes migratoires. Ils ont parlé en tant que personnes ayant vécu le système migratoire et étant revenues affronter bon nombre des mêmes conditions sociales et économiques qui les avaient poussées à partir.

Leur argument central était sans détour : le retour physique n’est pas la réintégration.

Et lorsque des programmes présentent des aides, des formations ou un soutien financier comme la preuve d’une réintégration réussie alors que des problèmes plus profonds restent sans solution, les participants ont décrit le processus comme une « façade de réintégration ».

« On m’a simplement laissé repartir »

Pour Udo, l’échec a commencé presque immédiatement après son retour au Nigeria.

Il a expliqué être revenu dans un état psychologique profondément perturbé après avoir été détenu dans ce qu’il a décrit comme un centre de détention tristement célèbre. Selon lui, il avait besoin de soins médicaux, d’un accompagnement psychologique et de temps pour se rétablir.

Au lieu de cela, il a été hébergé pendant une seule nuit.

Le lendemain matin, il a été laissé repartir.

Deux mois plus tard, il a été rappelé pour suivre une formation en entrepreneuriat et a reçu une petite somme d’argent pour créer une entreprise dans un domaine qu’il ne connaissait pas auparavant. Il a également été associé à des personnes qu’il ne connaissait pas comme partenaires commerciaux.

Pour Udo, cet arrangement était presque voué à l’échec.

Cette expérience, a-t-il déclaré, a détruit une grande partie de la confiance qu’il lui restait dans le processus de réintégration.

Son histoire met en lumière l’une des principales faiblesses soulevées lors du Forum : le soutien ne peut être véritablement utile s’il est déconnecté de l’état réel de la personne, de ses compétences, de ses intérêts et de ses circonstances.

Un migrant qui sort tout juste de détention et d’un traumatisme peut avoir besoin d’un accompagnement psychologique avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Une personne sans expérience commerciale peut avoir besoin d’une formation et d’un mentorat durables plutôt que d’une petite subvention de démarrage. Et quelqu’un dont les raisons initiales de migrer restent inchangées peut avoir peu de raisons de croire que le retour au pays a résolu quoi que ce soit.

« Le facteur qui avait poussé à ma migration était toujours présent et n’avait toujours pas été traité », laissait entendre le témoignage d’Ude.

Pour lui, c’était la contradiction fondamentale.

Il était revenu.

Mais il n’avait pas été reconstruit.

Quand le « volontaire » ne semble pas volontaire

Pour plusieurs participants, le problème commence même avant la réintégration, avec le mot « volontaire ».

Rhoda s’est demandé si un retour pouvait véritablement être qualifié de volontaire lorsqu’un migrant est détenu et que rentrer dans son pays semble être la seule voie possible pour sortir de cette situation.

« Si quelqu’un est détenu et que la seule option qui s’offre à lui pour sortir de cette situation est de retourner dans son pays, peut-on vraiment dire que le retour est volontaire ? », a-t-elle demandé.

Awe a livré un témoignage encore plus personnel.

Il a décrit son retour de Libye comme tout sauf volontaire, affirmant avoir été confronté à des conditions dans lesquelles rester semblait revenir à mettre sa vie en danger.

Il se souvenait avoir été confronté à deux choix : retourner au Nigeria ou rester en Libye au milieu de la violence et de l’insécurité.

« J’ai dû retourner au Nigeria plutôt que de rester en Libye et y mourir », selon son témoignage.

Pour les participants, de telles expériences remettent en question le langage bien ordonné souvent utilisé pour décrire les programmes de retour.

Une décision prise dans un contexte de détention, de peur, de violence, d’insécurité ou d’absence d’alternatives réalistes peut être officiellement enregistrée comme un retour, mais les participants ont souligné que les circonstances entourant cette décision sont importantes.

Le consentement ne peut être compris indépendamment des conditions dans lesquelles il est donné.

Le programme économique ne définit pas la personne

Une autre critique majeure concernait la composante économique de la réintégration.

Les participants ont remis en question un modèle dans lequel les migrants de retour sont fréquemment orientés vers de petites entreprises et de courtes formations professionnelles, comme si l’entrepreneuriat constituait une solution universelle aux conséquences complexes de la migration.

Rhoda a posé la question simplement :

Pourquoi l’entrepreneuriat devrait-il être la réponse pour tout le monde ?

Certains migrants de retour souhaitent trouver un emploi. D’autres veulent reprendre leurs études. Certains souhaitent apprendre les nouvelles technologies, exercer une profession ou entreprendre une carrière complètement différente.

Le problème, a-t-elle expliqué, est ce qui se produit lorsque les programmes sont conçus pour les migrants de retour sans être conçus avec eux.

Olu a défendu le même point de vue sous un angle plus large.

Pour lui, la réintégration doit donner aux migrants les moyens d’agir plutôt que devenir un mécanisme destiné à décourager la migration.

Les personnes ayant une expérience directe de la migration, a-t-il soutenu, doivent participer à l’élaboration des politiques migratoires et de réintégration.

« Rien sur les migrants sans la voix des migrants », telle était l’idée qui sous-tendait son intervention.

Ido s’est montré particulièrement critique à l’égard de la composante de formation professionnelle des programmes de réintégration.

Il a fait valoir qu’une formation de quelques jours ou de quelques mois ne peut pas nécessairement produire des artisans ou des professionnels compétents capables de subvenir durablement à leurs besoins sur des marchés concurrentiels.

Il a cité des exemples de migrants de retour formés comme tailleurs, barbiers, coiffeurs et installateurs de systèmes d’énergie solaire en des périodes très courtes.

La question n’est pas de savoir si ces compétences sont utiles.

La question est de savoir si l’intervention offre suffisamment de temps, d’équipements, de mentorat, d’accès au marché et de suivi pour transformer ces compétences en moyens de subsistance durables.

Une machine à coudre, un kit de barbier ou une subvention pour créer une entreprise peuvent constituer des statistiques attrayantes pour un programme.

Mais la survie d’un migrant de retour ne peut être mesurée par le nombre d’articles contenus dans un kit de réintégration.

Le traumatisme qui n’apparaît pas dans le programme

L’une des préoccupations les plus persistantes exprimées à Cotonou concernait peut-être la dimension psychologique du retour.

Immaculate a soutenu que la réintégration devait prendre en compte la personne dans son ensemble.

Un migrant peut revenir avec des traumatismes liés à la détention, à la violence, à l’exploitation, à la déception et aux voyages dangereux. Ces expériences ne disparaissent pas à la frontière.

Pourtant, le soutien économique peut parfois dominer les programmes de réintégration tandis que l’accompagnement psychosocial reçoit moins d’attention.

Le résultat peut être une personne qui a techniquement reçu une « aide à la réintégration », mais qui reste émotionnellement et socialement incapable de reconstruire sa vie.

Immaculate a posé une série de questions qui vont au-delà de la simple livraison d’un programme d’aide :

L’entreprise est-elle durable ?

Le migrant de retour a-t-il accès à un accompagnement psychologique ?

Sa famille le soutient-elle ?

Existe-t-il des possibilités d’emploi ?

La communauté a-t-elle accepté la personne ?

Et que se passe-t-il lorsque l’aide initiale prend fin ?

Ces questions renvoient à une autre définition de la réintégration : une définition fondée non pas sur la distribution d’une aide, mais sur l’amélioration réelle des conditions de vie d’une personne.

Du survivant à la « success story »

Ife et Ewa ont soulevé une autre dimension inconfortable : la manière dont les récits des migrants de retour peuvent être utilisés par les institutions et les campagnes.

Ife a décrit des situations dans lesquelles des migrants sont invités à raconter leurs expériences traumatisantes, avant que ces récits ne deviennent des outils destinés à décourager d’autres personnes de migrer.

La souffrance du migrant devient un message de campagne.

La douleur du migrant devient une preuve.

Le survivant devient un avertissement.

Mais qu’advient-il de la personne derrière cette histoire ?

Ife a dénoncé la tendance à présenter les migrants principalement comme des victimes impuissantes, estimant que leurs compétences, leurs connaissances, leur résilience et leur capacité à provoquer des changements sont souvent négligées.

Les étiquettes peuvent être destructrices.

Les migrants de retour peuvent être décrits comme des victimes, des personnes avides, ingrates, exigeantes, indisciplinées ou insatiables, tandis que leurs capacités et leurs aspirations disparaissent derrière ces étiquettes.

Les participants ont appelé à un changement du récit centré sur la victimisation vers une approche qui reconnaît les migrants de retour comme des personnes capables d’agir et de faire des choix.

Cela ne signifie pas nier les traumatismes qu’ils ont subis.

Cela signifie refuser que le traumatisme devienne leur identité entière.

« Ils se bouchaient le nez »

Le témoignage d’Ewa a mis en évidence la question de la stigmatisation.

Elle a raconté être rentrée au Nigeria en 2017 et avoir rencontré des personnes qui se présentaient comme des humanitaires, mais qui traitaient les survivants avec discrimination.

Elle se souvenait de personnes qui se bouchaient le nez parce qu’elles pensaient que les survivants sentaient mauvais.

C’était un petit geste, mais pour elle, il représentait quelque chose de beaucoup plus important : l’humiliation qui peut accompagner le retour.

Au lieu d’être accueillis avec dignité, les survivants peuvent rentrer et faire face au jugement.

Certains se voient reprocher leur avidité.

D’autres s’entendent dire qu’ils n’auraient jamais dû partir.

Certains sont amenés à penser que les abus, l’exploitation ou la violence qu’ils ont subis étaient finalement de leur propre faute.

Pour les survivants, de telles attitudes peuvent aggraver le traumatisme plutôt que contribuer à sa guérison.

Ewa a également relaté des expériences au cours desquelles des organisations auraient conduit des migrants de retour dans des centres de réhabilitation sans consentement adéquat, limité leurs communications avec leurs familles et inscrit des personnes à des programmes de formation qu’elles n’avaient pas choisis.

Elle a expliqué avoir dû se battre pour obtenir sa propre libération avant de pouvoir retrouver sa famille.

Son témoignage soulève un principe fondamental pour les programmes de réintégration :

Le soutien ne doit jamais devenir une autre forme de contrôle.

Un système conçu sans les personnes qu’il prétend aider ?

Ara a décrit la réintégration comme un mécanisme pouvant être utilisé pour contrôler les migrants et renforcer le pouvoir plutôt que pour fournir le soutien promis.

Ido est allé plus loin, affirmant que le concept de réintégration peut permettre aux politiques migratoires européennes de se distancier des conséquences de ces politiques, tandis que la responsabilité est transférée aux gouvernements africains.

Sa critique reflète une préoccupation plus large exprimée lors du Forum au sujet de l’externalisation, c’est-à-dire le déplacement des responsabilités en matière de contrôle migratoire au-delà des frontières européennes.

Pour les participants, cela crée une séquence préoccupante.

La liberté de circulation est restreinte.

Les personnes se retrouvent bloquées ou détenues.

Elles rentrent dans des circonstances difficiles.

Elles reçoivent une aide limitée.

Leurs histoires sont ensuite utilisées pour décourager d’autres migrants d’entreprendre des voyages similaires.

Et tout cela peut être présenté comme une intervention réussie de réintégration.

Ife a résumé cette contradiction sans détour :

Après avoir restreint la liberté de circulation des personnes et les avoir renvoyées dans des circonstances difficiles, les institutions utilisent ensuite leurs expériences pour faire avancer des programmes de contrôle migratoire — et appellent cela la réintégration.

La réintégration doit commencer par l’écoute

Les participants nigérians au Forum social mondial ne rejetaient pas simplement l’aide.

Ils demandaient un autre type de soutien.

Un soutien qui commence par l’écoute.

Un soutien qui reconnaît que les migrants de retour ne sont pas tous identiques.

Un soutien qui ne suppose pas que tout le monde souhaite devenir entrepreneur.

Un soutien qui offre un accompagnement psychosocial parallèlement à l’aide économique.

Un soutien qui propose des formations significatives plutôt que des cours courts principalement conçus pour remplir des objectifs de programme.

Un soutien qui comprend un suivi à long terme.

Un soutien qui respecte le consentement et la liberté de choix.

Et surtout, un soutien qui permet aux migrants de retour de participer à la conception des interventions censées reconstruire leur vie.

L’argument des participants porte finalement sur la responsabilité.

Un programme de réintégration ne devrait pas être évalué simplement en fonction du nombre de personnes retournées, du nombre de bénéficiaires ayant reçu des aides, du nombre de participants à une formation ou du nombre d’entreprises créées.

Les questions les plus difficiles sont les suivantes :

La personne s’est-elle rétablie ?

L’entreprise a-t-elle survécu ?

A-t-elle trouvé un emploi significatif ?

Son état psychologique s’est-il amélioré ?

Sa famille et sa communauté l’ont-elles acceptée ?

A-t-elle repris le contrôle de sa vie ?

Et les conditions qui l’avaient poussée à migrer sont-elles toujours présentes ?

Si la réponse à ces questions est non, alors un retour a peut-être bien eu lieu — mais la réintégration reste incomplète.

La question que Cotonou laisse derrière elle

Le débat au Forum social mondial ne s’est pas conclu par un rejet de la réintégration.

Il exigeait plutôt que ce terme soit pris davantage au sérieux.

Pour Ude, la réintégration a échoué parce qu’une personne traumatisée a reçu un soutien insuffisant et a été censée créer une entreprise dans un domaine qu’elle ne connaissait pas.

Pour Rhoda, le terme « volontaire » mérite d’être examiné lorsque les personnes prennent des décisions dans un contexte de détention ou de pression extrême.

Pour Awe, le retour était un choix effectué sur fond de danger.

Pour Ido, les formations professionnelles courtes et les interventions économiques insuffisantes ne peuvent garantir l’indépendance promise par les programmes.

Pour Immaculate, la réintégration doit aller au-delà d’un simple programme d’aide pour englober la santé mentale, la famille, la communauté, l’emploi et la durabilité.

Pour Olu, les migrants ayant une expérience directe doivent avoir une place à la table des décisions.

Pour Ife, les migrants de retour ne doivent pas être réduits à des récits de souffrance servant les agendas d’autrui.

Pour Ewa, la dignité doit être au cœur de l’expérience du retour.

Et pour Ara, les rapports de pouvoir qui sous-tendent la réintégration doivent être affrontés.

Ensemble, leurs témoignages conduisent à une conclusion inconfortable :

Une personne ne peut pas être réintégrée simplement parce qu’elle a été renvoyée.

La réintégration n’est pas une valise remise à l’aéroport.

Ce n’est pas une subvention en espèces.

Ce n’est pas une formation professionnelle de trois mois.

Ce n’est pas une photographie d’un migrant de retour recevant du matériel.

Et ce n’est certainement pas une success story écrite avant que le migrant de retour ait eu la possibilité de reconstruire sa vie.

Une véritable réintégration doit signifier restaurer la capacité d’agir, la dignité, les opportunités, le sentiment d’appartenance et l’espoir.

Tant que ces éléments ne seront pas au cœur du processus, la question soulevée à Cotonou restera difficile à éluder :

Réintégration dans quoi ?

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Gaza : Près de deux millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence en matière d’hébergement

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Près de deux millions de personnes, soit la quasi-totalité de la population de Gaza, ont toujours besoin d’une aide en matière d’hébergement, un an après l’annonce d’un cessez-le-feu. Alors que les pluies hivernales commencent, l’ensemble des approvisionnements prévus par les partenaires humanitaires intervenant dans le domaine de l’hébergement ne couvre qu’à peine 17 % des besoins identifiés pour l’hiver, a averti aujourd’hui Amy Pope, Directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Après des années de déplacements et de destructions généralisées, les Palestiniens affrontent un quatrième hiver sans protection adéquate contre la pluie, les inondations et le froid. L’insuffisance des financements et les restrictions persistantes imposées par les autorités israéliennes à l’entrée de fournitures essentielles destinées aux abris empêchent les organisations humanitaires d’apporter une réponse à la hauteur des besoins.

« Les familles qui ont déjà subi des déplacements répétés et des pertes dévastatrices doivent pouvoir affronter l’hiver dans la sécurité et la dignité », a déclaré Pope. « Les matériaux destinés aux abris doivent pouvoir entrer rapidement, de manière prévisible et en quantités suffisantes pour répondre aux besoins. »

Plus de la moitié des tentes et des abris de fortune actuellement utilisés sont en mauvais état et doivent être remplacés. Les tentes sont conçues comme une mesure d’urgence temporaire et ne durent généralement que six à douze mois.

Faute d’autres solutions, de nombreuses familles vivent dans des bâtiments endommagés par la guerre qui présentent de graves risques pour leur vie. Le mois dernier seulement, des dizaines de personnes ont été tuées dans la ville de Gaza lorsqu’un bâtiment endommagé par la guerre s’est effondré. En août, un partenaire de l’OIM avait recensé plus de 3 600 structures jugées dangereuses et présentant un risque d’effondrement.

Le renforcement du phénomène El Niño devrait entraîner des précipitations plus abondantes, susceptibles de fragiliser davantage les bâtiments déjà dangereux, tandis que les systèmes de drainage fortement endommagés exposent les communautés aux inondations.

L’OIM et ses partenaires chargés de la gestion des sites ont recensé près de 1,8 million de personnes vivant dans des sites de déplacement, dont la plupart se trouvent dans des zones exposées aux risques d’inondation. Les eaux de crue pourraient endommager les abris, détruire les derniers biens des familles et contraindre les populations à se déplacer une nouvelle fois.

Environ 8 600 kits d’hébergement d’urgence de l’OIM sont prépositionnés à l’extérieur de Gaza et prêts à être acheminés, mais les autorités israéliennes continuent de leur refuser l’accès aux points de passage. Pendant ce temps, les équipes humanitaires utilisent, dans la mesure du possible, des matériaux disponibles localement et des matériaux récupérés. Ces efforts apportent un soutien temporaire limité, mais restent insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins en matière d’hébergement.

« Les solutions sont connues, les fournitures sont prêtes et les équipes humanitaires sont préparées à les acheminer », a déclaré Pope. « Un accès humanitaire immédiat et durable est essentiel pour protéger des vies, renforcer les abris endommagés et aider les familles à dépasser le stade des solutions temporaires. Toutes les parties doivent faciliter une action humanitaire fondée sur les principes humanitaires et soutenir une réponse à la hauteur de la gravité de la crise. »

L’OIM appelle à autoriser immédiatement et durablement l’entrée de tentes, de kits d’hébergement d’urgence, d’unités de logement de secours, de bois, d’outils et d’autres matériaux nécessaires pour renforcer les abris, réparer les habitations endommagées et aider les familles à trouver des logements plus sûrs.

Un accès prévisible aux équipements spécialisés, au carburant, aux pièces de rechange et aux matériaux de construction sera également essentiel pour permettre l’enlèvement des décombres et progresser vers un relèvement précoce.

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Gaza: About two million need urgent shelter assistance

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Nearly all of Gaza’s population, almost two million people, still require shelter assistance one year after a ceasefire was announced. As winter rain begins, the combined supply pipeline of humanitarian shelter partners covers barely 17 per cent of identified winter needs, the International Organization for Migration (IOM) Director General Amy Pope warned today.

After years of displacement and widespread destruction, Palestinians are facing a fourth winter without adequate protection from rain, flooding and cold. Insufficient funding and continuing Israeli authorities’ constraints on the entry of critical shelter supplies are preventing humanitarian organizations from responding at the scale required.

“Families who have already endured repeated displacement and devastating loss must be able to face the winter in safety and dignity,” Pope said. “Shelter materials must enter quickly, predictably and at the scale required.”

More than half of all tents and makeshift shelters currently in use are in poor condition that requires replacement. Tents are designed as a temporary emergency measure and generally last only six to 12 months.

With few alternatives available, many families are living in war-damaged buildings that pose serious risks to life. Just last month, dozens were killed in Gaza city when a war-damaged building collapsed. More than 3,600 structures were identified by an IOM partner in August as dangerous and at risk of collapse. The strengthening El Niño phenomenon is expected to bring heavier rainfall, which could further weaken unsafe buildings, while heavily damaged drainage systems leave communities exposed to flooding.

IOM and partners working in site management have identified nearly 1.8 million people living in displacement sites, most of them in areas at risk of flooding. Floodwaters could damage shelters, destroy families’ remaining possessions and force people to move once again. 

Approximately 8,600 IOM emergency shelter kits are pre-positioned outside Gaza and ready for delivery but continue to be turned away at crossing points by the Israeli authorities. Meanwhile, humanitarian teams are using locally available and salvaged materials wherever possible. These efforts provide limited temporary support but are insufficient to meet widespread shelter needs.

“The solutions are known, the supplies are ready and humanitarian teams are prepared to deliver,” Pope said. “Immediate and sustained humanitarian access is essential to protect lives, strengthen damaged shelters, and help families move beyond temporary solutions. All parties must facilitate principled humanitarian action and support a response equal to the severity of the crisis.”

IOM calls for the immediate and sustained entry of tents, emergency shelter kits, relief housing units, wood, tools and other materials needed to reinforce shelters, repair damaged homes and support families seeking safer accommodation. Predictable access to specialized equipment, fuel, spare parts and construction materials will also be essential for debris removal and movement toward early recovery.

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Les immigrants Nigérians confrontés à des problèmes de santé mentale invisibles malgré leur réussite, alerte un expert

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Oluyinka Oyeniji
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Les immigrants Nigérians peuvent connaître une réussite professionnelle et personnelle dans leurs pays d’accueil tout en faisant face à des problèmes de santé mentale souvent dissimulés, liés à la migration, aux changements identitaires et au stress prolongé, a déclaré Kehinde Ekpudu, un professionnel de la santé mentale.

Ekpudu, titulaire d’un MBA et d’un master en travail social, et travailleur social clinicien agréé (RCSW), a mis en lumière les conséquences psychologiques de la migration lors d’une présentation intitulée « Au-delà de la survie : santé mentale des immigrants nigérians — expériences vécues, identité et cerveau ».

Cette intervention a eu lieu lors du premier Sommet nigérian sur la santé mentale, organisé en ligne hier à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.

La présentation a examiné les liens entre la migration, l’identité, le cerveau et la santé mentale, en attirant l’attention sur les pressions émotionnelles auxquelles les immigrants peuvent être confrontés lorsqu’ils s’adaptent à la vie dans un nouveau pays.

« Lorsque nous parlons de la réussite des immigrants, nous célébrons leur capacité à s’en sortir. Mais que se passe-t-il lorsque la survie devient un mode de vie ? », a demandé Ekpudu, remettant en question la tendance à mesurer la réussite des immigrants principalement à travers leurs réalisations professionnelles et leur capacité d’adaptation.

Selon la présentation, les Nigérians n’arrivent pas dans leurs pays d’accueil dépourvus d’identité, d’expérience ou de références culturelles. La migration ne consiste pas simplement à passer d’un lieu géographique à un autre ; elle représente également une transition psychologique et identitaire.

La présentation a souligné que les immigrants peuvent être amenés à concilier simultanément plusieurs identités : nigériane, africaine, noire, canadienne, professionnelle, partenaire, parent, fils ou fille.

« La migration peut nous obliger à redéfinir certaines parties de nous-mêmes qui nous semblaient autrefois stables », indique le document.

Ekpudu a également cité une étude publiée en 2023 par Aluh et d’autres chercheurs, selon laquelle 51,7 % des immigrants nigérians participant à une étude menée au Canada présentaient un résultat positif au dépistage de la dépression.

La présentation a en outre relevé que le fait de résider au Canada depuis plus de dix ans était significativement associé à une probabilité plus élevée d’obtenir un résultat positif au dépistage de la dépression.

Ce constat remet en question l’idée selon laquelle les difficultés psychologiques liées à la migration diminuent nécessairement à mesure que les immigrants passent davantage de temps dans leur pays d’accueil.

Au-delà de la dépression, la présentation a identifié l’adaptation constante, l’incertitude et le stress chronique comme des facteurs susceptibles d’affecter le système nerveux et le bien-être émotionnel des immigrants.

Parmi les conséquences possibles figurent l’hypervigilance, l’anxiété, les troubles du sommeil, l’épuisement émotionnel, les difficultés de concentration et le burn-out.

« Parfois, ce qui ressemble à de la résilience de l’extérieur est en réalité un système nerveux qui est devenu très performant dans l’art de survivre », a déclaré Ekpudu.

La présentation a suggéré que des comportements souvent interprétés comme des signes de résilience peuvent parfois traduire les effets d’une pression psychologique prolongée, notamment lorsque les personnes se sentent obligées de rester fortes malgré leurs difficultés émotionnelles.

Elle a également examiné l’influence des attentes culturelles sur la manière dont les immigrants nigérians comprennent et expriment leurs problèmes de santé mentale.

Des expressions telles que « Je suis simplement fatigué », « Ce n’est que du stress », « Dieu m’aidera », « Je dois être plus fort », « D’autres personnes vivent des situations plus difficiles » et « Je ne peux pas craquer » ont été présentées comme des façons courantes de décrire ou d’aborder les difficultés émotionnelles sans reconnaître ouvertement ses besoins en matière de santé mentale.

Selon la présentation, ces réactions peuvent refléter la pression ressentie par certains immigrants, qui doivent rester forts, assumer leurs responsabilités familiales et continuer à rechercher la réussite, même lorsqu’ils traversent des difficultés émotionnelles.

Intitulée « Au-delà de la survie », la présentation a insisté sur la nécessité de prendre en compte les expériences vécues, les identités ainsi que le bien-être physique et psychologique des immigrants dans les discussions sur la santé mentale.

Elle a proposé un parcours allant de la survie à la confiance en soi, fondé sur trois principes : le sentiment d’appartenance, l’intégration et l’épanouissement.

Dans ce cadre, le sentiment d’appartenance consiste à pouvoir créer des liens sans renoncer à son identité ; l’intégration implique d’accepter et de concilier plusieurs identités ; tandis que l’épanouissement signifie reconnaître que la vie peut offrir davantage que la simple survie face aux difficultés quotidiennes.

« Je peux trouver ma place sans renoncer à moi-même », indique la présentation pour illustrer le premier principe.

Elle ajoute : « Je peux assumer plusieurs identités » et « Ma vie peut être davantage qu’une simple survie ».

La présentation a été réalisée dans le cadre des activités de Twin Ocean, dont la devise est : « Naviguer ensemble sur les vagues de la vie ».

Le sommet nigérian appelle à une approche inclusive des soins de santé mentale

Le coordonnateur du Sommet nigérian sur la santé mentale (NMHS), le Dr Oluyinka Oyeniji, a appelé à l’adoption d’une approche nationale inclusive des soins de santé mentale, qui tienne compte des expériences vécues par les patients, les aidants, les familles et les autres personnes affectées par les troubles mentaux.

Oyeniji a lancé cet appel hier dans son discours d’ouverture du premier Sommet nigérian sur la santé mentale, organisé pour commémorer la Journée mondiale de la santé mentale.

Le sommet, organisé en collaboration avec le Ladoke Akintola Neuroscience Group (LNG), a réuni des défenseurs de la santé mentale, des professionnels de santé, des chercheurs et d’autres acteurs concernés afin de discuter des défis et des possibilités d’amélioration des soins de santé mentale au Nigeria.

Selon Oyeniji, le sommet a été créé pour promouvoir des changements positifs dans le secteur de la santé mentale du pays et renforcer les efforts en faveur d’une réponse nationale coordonnée aux problèmes de santé mentale.

Il a déclaré que cette initiative revêtait une importance particulière à un moment où de nombreux Nigérians étaient confrontés à des problèmes de santé mentale, soit directement, soit en raison de leurs responsabilités en tant qu’aidants, membres de la famille ou amis.

Le coordonnateur a également souligné la démarche du gouvernement fédéral visant à dépénaliser la tentative de suicide, qu’il a qualifiée d’évolution importante après plus de quatorze années de plaidoyer.

Il a salué les acteurs qui ont maintenu la mobilisation en faveur de cette réforme et exhorté les Nigérians à soutenir les initiatives visant à améliorer les soins de santé mentale et à protéger les droits des personnes vivant avec des troubles mentaux.

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