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L’OIM explique son travail dans les pays qui accueillent des ressortissants de pays tiers

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L’AGENCE des Nations Unies, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), concentre son travail dans les pays qui accueillent des ressortissants de pays tiers — c’est-à-dire des personnes éloignées d’un pays de résidence vers un pays autre que celui dont elles ont la nationalité — sur la protection de la santé, de la sécurité, de la dignité et du bien-être des personnes concernées. Notre assistance ne commence qu’après leur arrivée dans un pays d’accueil, uniquement à la demande du gouvernement de ce pays et seulement lorsque des garanties essentielles sont en place.

Les circonstances qui conduisent des personnes vers des pays tiers ne sont pas nouvelles et ne sont pas propres à un seul gouvernement. Des États de différentes régions appliquent ou envisagent depuis des années des approches similaires, et la position de l’OIM reste la même partout où de telles pratiques apparaissent. La politique migratoire, y compris les décisions relatives à l’éloignement, relève de la responsabilité souveraine des États. Notre assistance s’inscrit dans notre longue expérience consistant à fournir une aide essentielle aux migrants qui se retrouvent bloqués ou dans des situations d’extrême vulnérabilité — que cette vulnérabilité résulte d’un conflit, d’une catastrophe ou d’une décision politique d’un gouvernement. Cela est au cœur de notre mandat : aider les personnes à satisfaire leurs besoins fondamentaux au moment où elles sont le plus vulnérables dans leur vie. Nous avons apporté cette assistance à des adultes et à des enfants confrontés à toutes sortes de difficultés.

Les personnes que l’OIM assiste dans le contexte des éloignements vers des pays tiers bénéficient de services de base : soins de santé, accompagnement psychosocial, évaluation des besoins de protection, ainsi que des informations claires, précises, neutres et complètes sur les options qui s’offrent à elles. Lorsqu’une personne nous demande de l’aider à retourner dans son pays d’origine, ou dans un autre pays où elle a légalement le droit de séjourner, nous ne le faisons qu’après un accompagnement individuel et une évaluation de ses besoins en matière de protection, et uniquement lorsque la décision est prise librement, volontairement et sur la base d’un consentement éclairé.

Selon les informations rendues publiques récemment, depuis le début de l’année 2025, des dizaines de milliers de personnes ont été éloignées des États-Unis vers des pays tiers. L’engagement de l’OIM dans ce contexte dépend entièrement d’une demande du gouvernement du pays d’accueil et de l’existence de garanties appropriées. Lorsque nous avons été sollicités et que ces conditions sont réunies, nous avons apporté notre soutien à environ 800 personnes, en leur fournissant des soins de santé, un accompagnement et une évaluation de leurs besoins en matière de protection ; environ 300 d’entre elles ont par la suite choisi de retourner volontairement dans leur pays. L’écart entre ce nombre et les dizaines de milliers de personnes éloignées ne mesure pas l’ampleur des efforts de l’OIM : il reflète le fait que peu de gouvernements nous ont invités à intervenir ou ont satisfait aux conditions que nous exigeons. La plupart des personnes éloignées n’ont reçu aucune forme d’assistance.

Nous sommes pleinement conscients que les États utilisent parfois l’aide internationale pour faire avancer leurs priorités nationales et que le financement de ce type d’intervention provient généralement des gouvernements eux-mêmes impliqués dans les éloignements. L’acceptation de ce financement ne signifie pas que nous acceptons de recevoir des directives : l’OIM conserve le contrôle total sur la manière dont l’assistance est fournie, sur les personnes qui la fournissent et sur les conditions dans lesquelles elle est apportée. Nous avons d’ailleurs renoncé à certains financements lorsqu’un gouvernement refusait d’accepter ces conditions. Chaque décision d’intervenir repose sur une seule question : notre intervention permettra-t-elle d’améliorer les conditions de vie des personnes concernées, compte tenu de l’alternative réaliste, qui serait l’absence totale d’assistance ? La décision ne dépend pas de la source du financement. Cela est conforme aux principes humanitaires d’impartialité et d’indépendance qui régissent l’ensemble de notre travail. Accepter un financement pour aider des personnes ne signifie pas approuver la politique qui les a placées dans une situation nécessitant cette aide.

Avant d’accepter de travailler dans un pays, l’OIM évalue si les gouvernements d’accueil sont prêts à s’engager à mettre en place des garanties essentielles, notamment des dispositions permettant un séjour légal, la liberté de circulation et l’accès à la protection internationale. Nous évaluons les risques avec précision afin de déterminer s’ils peuvent être suffisamment pris en compte. Lorsque ces conditions ne peuvent pas être réunies, nous avons refusé d’intervenir ou limité la portée de notre action, indépendamment des conséquences que cela pouvait avoir sur le financement ou sur nos relations avec les gouvernements concernés. Les éloignements vers ces pays continuent néanmoins d’avoir lieu sans notre intervention, mais les migrants sont alors davantage susceptibles d’être détenus à leur arrivée ou renvoyés vers leur pays d’origine sans les garanties que nous aurions autrement cherché à obtenir.

L’OIM ne participe nulle part à des transferts forcés ou à des détentions. Nous ne jouons aucun rôle dans la décision d’un pays d’admettre ou d’éloigner des personnes et nous ne déterminons pas la politique migratoire d’un quelconque État.

Certains estiment que l’intervention de l’OIM facilite les politiques d’éloignement vers des pays tiers. Ce n’est pas le cas. Notre intervention signifie que les personnes qui ont déjà été éloignées bénéficient, à leur arrivée, de soins de santé, d’un accompagnement et de la présence d’une personne capable de leur expliquer les options qui s’offrent à elles, plutôt que de ne recevoir aucune aide. Les personnes que nous assistons nous le disent elles-mêmes.

Le choix auquel nous sommes confrontés n’est pas celui entre l’éloignement et l’absence d’éloignement — cette décision a déjà été prise par d’autres avant même que nous soyons contactés. Le choix est plutôt entre une personne confrontée à cette situation avec des soins de santé, des informations et une évaluation de ses besoins en matière de protection, ou une personne qui doit affronter cette situation sans aucun de ces éléments. Nous savons lequel de ces deux résultats nous souhaiterions pour une personne qui nous est chère.

Le retrait de l’OIM n’empêcherait pas ces éloignements. Et ceux qui estiment que nous devrions refuser une assistance de base pour faire passer un message politique demandent à l’OIM d’ignorer l’épreuve vécue par des personnes extrêmement vulnérables. Nous ne le ferons pas. L’OIM ne laissera pas les personnes affronter seules des circonstances impossibles.

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