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La Matrice de suivi des déplacements de l’OIM a suivi 97,2 millions de personnes en 2025
La Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a suivi un total de 97,2 millions de personnes dans le monde en 2025, fournissant des données destinées à soutenir les interventions humanitaires, la recherche de solutions aux déplacements et les voies de migration régulière.
Selon les priorités stratégiques de la DTM pour la période 2026-2028, le programme a réalisé 706 386 entretiens auprès de ménages et collaboré avec 791 141 informateurs clés au cours de l’année.
Le rapport indique également que 95 % des Plans de réponse aux besoins humanitaires (HNRP), soit 19 plans sur 20, ont été élaborés sur la base des données et des analyses de la DTM.
À la fin de l’année 2025, la DTM comptait 76 opérations actives, après avoir mené des activités dans 91 pays au début de l’année. Les populations suivies comprenaient des personnes déplacées internes (PDI), des personnes de retour, des migrants et d’autres groupes de population.
Depuis plus de 20 ans, la DTM fournit des données et des analyses aux gouvernements ainsi qu’aux acteurs humanitaires, de la paix et du développement afin de favoriser une prise de décision fondée sur des données probantes lors des situations d’urgence, des phases de relèvement après une crise et des opérations migratoires.
Le Comité permanent interorganisations a officiellement reconnu la DTM en 2024 comme l’un des principaux fournisseurs de données nationales sur les personnes déplacées internes.
Dans sa stratégie pour la période 2026-2028, le programme a défini trois objectifs principaux : sauver des vies et protéger les personnes en déplacement, favoriser la recherche de solutions aux déplacements et faciliter les voies de migration régulière.
Dans le cadre de ses priorités en matière de réponse humanitaire, la DTM prévoit de renforcer la collecte et l’analyse des données, d’améliorer la coordination entre les acteurs humanitaires et de promouvoir une gestion sûre et éthique de l’information.
Le programme entend également améliorer l’interopérabilité des systèmes de données afin de faciliter le partage des informations entre les différentes plateformes et organisations. Il estime que le renforcement des structures opérationnelles permettra de soutenir aussi bien les interventions d’urgence rapides que la planification stratégique à long terme.
Priorité aux solutions durables aux déplacements
La DTM prévoit d’élargir ses activités en faveur de solutions durables pour les populations déplacées, en fournissant des données permettant aux gouvernements et à leurs partenaires de mieux comprendre les besoins, les vulnérabilités et les conditions de vie des personnes déplacées.
Cette stratégie s’appuie sur l’Indice des solutions et de la mobilité (SMI) de l’OIM, lancé en 2022 et mis en œuvre dans plus de 20 pays depuis son lancement.
Cet indice fournit des données et des analyses adaptées aux contextes locaux afin de soutenir des interventions à long terme dans les communautés touchées par les crises, notamment en matière de stabilisation, de relèvement et de solutions durables.
La DTM prévoit également de renforcer ses méthodologies de mesure des progrès vers des solutions durables, d’aider les autorités nationales à élaborer des réponses conçues et pilotées localement, et d’approfondir ses analyses sur l’emploi et les moyens de subsistance.
Le programme entend en outre renforcer ses partenariats avec les établissements universitaires, les banques multilatérales de développement et le secteur privé afin d’améliorer la collecte et l’analyse des données.
En partenariat avec l’Institut pour l’étude des migrations internationales de l’Université de Georgetown, l’OIM a lancé en 2023 le Rapport mondial périodique sur l’état des solutions aux déplacements internes (PROGRESS).
L’édition 2026 devrait devenir le premier rapport biennal interinstitutions couvrant l’ensemble du système des Nations unies sur les solutions aux déplacements internes. Sa coordination sera assurée avec le Centre de suivi des déplacements internes (IDMC), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Renforcer le suivi des routes migratoires
Afin de soutenir les voies de migration régulière, la DTM prévoit de renforcer son approche fondée sur les routes migratoires pour mieux comprendre les mouvements de population entre les pays et les régions.
Le programme souligne que les parcours migratoires sont souvent interconnectés et influencés par les conditions dans les pays d’origine et de transit, ainsi que par les évolutions géopolitiques plus générales.
Les activités de suivi des flux migratoires et les recherches ciblées visent à fournir des informations plus complètes sur les tendances migratoires, les caractéristiques des migrants, leurs vulnérabilités et leurs besoins en matière de protection.
La DTM prévoit également d’améliorer la qualité des données, de produire des analyses plus détaillées des routes migratoires et de renforcer la collaboration avec ses partenaires tout au long des parcours des migrants.
Son portail Global Overview of Migration Routes (Vue d’ensemble mondiale des routes migratoires) rassemble des informations sur le nombre de migrants, leurs caractéristiques démographiques, leurs nationalités, les tendances des déplacements, ainsi que les décès et les disparitions. Ces données aident les décideurs et les chercheurs à mieux comprendre les dynamiques migratoires.
Mobilité liée au climat et innovation technologique
La stratégie souligne également l’importance de comprendre les effets du changement climatique et des catastrophes sur la mobilité humaine.
Les évaluations climatiques et environnementales de la DTM visent à fournir des données probantes avant, pendant et après les catastrophes, afin d’aider les gouvernements et leurs partenaires à planifier des mesures anticipées, à renforcer la préparation aux catastrophes et à soutenir les communautés touchées.
Ces évaluations portent notamment sur les conditions climatiques de référence, les conséquences des situations d’urgence et la vulnérabilité aux risques tels que les sécheresses, les inondations et les cyclones.
Parallèlement, la DTM prévoit de moderniser ses systèmes de données et d’améliorer l’accessibilité et l’utilisation des informations grâce à l’innovation technologique.
En 2025, le programme comptait 496 experts techniques répartis entre des équipes nationales, régionales et mondiales. Ses opérations comprenaient le suivi des flux migratoires, le suivi des déplacements internes, l’évaluation des solutions durables et des situations post-crise, ainsi que la collecte de données sur la transhumance.
La stratégie définit trois priorités transversales pour la période 2026-2028 : développer des systèmes de données résilients et adaptatifs, améliorer l’accessibilité et l’utilisabilité des données de la DTM, et diversifier sa base de donateurs afin de garantir un financement durable.
Elle insiste également sur la nécessité de renforcer la coordination et de promouvoir des actions fondées sur des données probantes aux niveaux national, régional et mondial.
La DTM estime que des investissements soutenus dans les capacités du personnel, les systèmes techniques et l’appui organisationnel seront essentiels pour préserver sa capacité à répondre à l’évolution des besoins humanitaires et migratoires.