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NACTAL conteste le rapport américain sur la traite des personnes et exige la reconnaissance des contributions des organisations de la société civile nigérianes
Le Réseau contre la traite, les abus et le travail des enfants (Network Against Child Trafficking, Abuse and Labour – NACTAL) au Nigeria a appelé le Département d’État des États-Unis à réexaminer son Rapport 2026 sur la traite des personnes (Trafficking in Persons – TIP), estimant que cette évaluation n’a pas suffisamment reconnu les contributions des organisations de la société civile (OSC) à la lutte contre la traite des personnes au Nigeria.
Le président national élu de NACTAL, le camarade Osita Osemene, a lancé cet appel dans un communiqué de presse exprimant les préoccupations de l’organisation face à ce qu’elle considère comme une représentation insuffisante des interventions des organisations de la société civile présentes sur le terrain dans le rapport.
Osemene a fait valoir que la lutte contre la traite des personnes au Nigeria ne se limite pas aux institutions gouvernementales. Il a souligné que toute évaluation qui ne tient pas compte des contributions des organisations non gouvernementales, des groupes communautaires et des partenaires internationaux de développement risque de présenter une vision incomplète des efforts déployés par le pays.
Selon lui, les organisations de la société civile sont restées à l’avant-garde des efforts visant à prévenir la traite des personnes, à identifier les personnes vulnérables, à secourir les victimes, à fournir un hébergement et un soutien psychosocial, ainsi qu’à faciliter la réadaptation et la réinsertion des survivants.
Il a précisé que de nombreuses organisations assument ces responsabilités malgré des financements limités et d’autres difficultés opérationnelles.
« Ces contributions ne sont pas accessoires. Elles sont essentielles à la prévention de la traite des personnes, à la protection des survivants et à la réduction de leur vulnérabilité face à de nouvelles formes d’exploitation », a déclaré Osemene.
Il s’est inquiété du fait que, selon l’évaluation de NACTAL, le rapport ne reflète pas suffisamment les capacités de protection, les services d’hébergement, les activités de prévention et les dispositifs d’accompagnement des survivants mis en œuvre par les organisations de première ligne.
« On ne peut comprendre pleinement la réponse nationale en examinant uniquement les activités du gouvernement tout en accordant une attention insuffisante aux organisations qui fournissent directement des services aux personnes et aux communautés touchées », a-t-il déclaré.
Le responsable de NACTAL a cité Patriotic Citizen Initiatives (PCI) et d’autres organisations membres comme exemples de structures qui assurent la protection, le soutien psychosocial et l’accompagnement à la réinsertion des personnes vulnérables et des migrants de retour.
Il a expliqué que de nombreuses OSC travaillent directement avec les communautés, les familles, les écoles, les institutions religieuses, les enfants vulnérables, les femmes et les migrants de retour afin de lutter contre les risques liés à la traite des personnes.
Leurs interventions comprennent notamment des campagnes de sensibilisation, l’identification et l’orientation des victimes vers les services compétents, l’hébergement temporaire, la recherche des familles, la formation professionnelle, l’aide aux moyens de subsistance et un accompagnement à long terme en vue de la réinsertion.
Osemene a particulièrement insisté sur l’importance de reconnaître les contributions des organisations non gouvernementales à la protection des victimes et aux services d’hébergement.
Il a affirmé que la protection des survivants de la traite ne se limite pas aux opérations de sauvetage, soulignant que les victimes ont souvent besoin d’une assistance durable pour se remettre de l’exploitation et éviter d’être de nouveau victimes de la traite.
« La protection ne prend pas fin lorsqu’une victime est identifiée, secourue ou orientée vers une autorité compétente. Les survivants peuvent avoir besoin d’un hébergement sûr, de nourriture, de soins de santé, d’un accompagnement psychosocial, d’une assistance juridique, de la recherche de leurs familles, d’une formation professionnelle, d’un soutien économique et d’un suivi continu afin de reconstruire leur vie et de réduire le risque de retomber entre les mains des trafiquants », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les organisations qui gèrent des centres d’hébergement assument d’importantes responsabilités financières et opérationnelles, notamment l’entretien d’installations adaptées, l’emploi de personnel qualifié et la fourniture de soins spécialisés.
Selon lui, ces contributions devraient être correctement documentées dans les évaluations internationales, tandis que les lacunes en matière de financement, de capacité d’hébergement et de services spécialisés devraient également être mises en évidence.
Le président national élu de NACTAL a en outre critiqué ce qu’il a décrit comme une attention insuffisante accordée aux initiatives communautaires de prévention de la traite des personnes.
Il a fait observer que les OSC organisent fréquemment des programmes de sensibilisation dans les écoles, les institutions religieuses et les communautés locales afin d’informer les populations vulnérables sur les méthodes de recrutement trompeuses, les fausses offres d’emploi et les dispositifs migratoires à caractère exploiteur.
Bien que ces interventions ne produisent pas toujours des résultats immédiatement visibles, comparables aux arrestations, aux poursuites judiciaires et aux condamnations, il a insisté sur le fait qu’elles demeurent essentielles à la prévention de la traite des personnes.
« Une évaluation qui se concentre principalement sur les activités répressives du gouvernement sans documenter suffisamment les actions de prévention au niveau communautaire risque de négliger une dimension importante de la réponse nationale », a-t-il déclaré.
Osemene a également appelé à une meilleure reconnaissance des contributions des partenaires internationaux de développement qui soutiennent les interventions liées à la lutte contre la traite des personnes et aux questions migratoires au Nigeria.
Il a cité l’Union européenne, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), FIAP, Expertise France et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) parmi les organisations qui contribuent au financement ou à la mise en œuvre de programmes de prévention, de protection, de renforcement des capacités et de réinsertion.
Il a soutenu que les évaluations des partenariats internationaux ne devraient pas se limiter aux accords institutionnels et aux échanges avec les autorités gouvernementales, mais devraient également prendre en compte les contributions des organisations locales chargées de fournir des services aux populations vulnérables.
S’exprimant sur le classement du Nigeria au niveau 2 (Tier 2) et sur le passage annoncé du Ghana au niveau 1 (Tier 1) dans le Rapport 2026 sur la traite des personnes, Osemene a déclaré que cette évolution soulevait des questions quant à la prise en compte adéquate de l’ensemble des interventions du Nigeria dans la lutte contre la traite des personnes.
Il a toutefois reconnu que ces classifications reposent sur l’évaluation du gouvernement américain concernant le respect, par les pays, des normes minimales d’élimination de la traite des personnes ainsi que les efforts qu’ils déploient pour satisfaire à ces normes.
Il a précisé que NACTAL ne réclamait pas un relèvement automatique du classement du Nigeria au seul motif que les organisations de la société civile participent activement à la lutte contre la traite des personnes.
L’organisation souhaite plutôt une évaluation globale, fondée sur des éléments probants, qui reconnaisse à la fois les progrès accomplis et les difficultés persistantes.
« Notre préoccupation n’est pas que le Nigeria obtienne automatiquement une classification supérieure parce que les OSC sont actives. Nous ne prétendons pas non plus que le pays ne rencontre plus aucun problème », a-t-il déclaré.
Osemene a reconnu que la traite des personnes demeure un grave problème au Nigeria et qu’elle exige des enquêtes plus approfondies, davantage de poursuites judiciaires, une meilleure identification des victimes, un accès accru à la justice, des services de protection renforcés et des programmes de réinsertion durables.
Il a souligné que la reconnaissance des contributions de la société civile devrait compléter, et non remplacer, l’obligation de rendre compte des résultats obtenus par le gouvernement.
En conséquence, NACTAL a exhorté le Département d’État américain à réexaminer l’évaluation du Nigeria et à déterminer si les contributions des organisations de la société civile et des autres acteurs non étatiques ont été suffisamment documentées et prises en considération.
L’organisation a également demandé l’ouverture de consultations directes avec les membres de NACTAL, les organisations spécialisées dans la lutte contre la traite des personnes, les gestionnaires de centres d’hébergement, les prestataires de services d’accompagnement des survivants et les professionnels de la réinsertion, afin de recueillir des éléments supplémentaires sur leurs interventions.
Elle a appelé à une meilleure reconnaissance des activités des OSC dans les domaines de la protection des victimes, de la sensibilisation communautaire, de l’éducation du public, du plaidoyer, du renforcement des capacités et de l’accompagnement des populations vulnérables.
NACTAL a en outre exhorté les autorités américaines à renforcer les consultations avec les parties prenantes et à permettre aux organisations nigérianes dont les interventions n’auraient pas été suffisamment prises en compte dans le rapport de soumettre des contributions complémentaires.
Osemene a soutenu que de telles mesures permettraient de mieux comprendre la réponse du Nigeria à la traite des personnes et de déterminer les domaines nécessitant des ressources supplémentaires, une meilleure coordination et un soutien institutionnel accru.
Il a également encouragé les parties prenantes nigérianes à améliorer la documentation, la collecte de données et la coordination afin que leurs contributions puissent être vérifiées de manière indépendante et correctement reflétées dans les évaluations internationales.
Le président national élu de NACTAL a souligné que l’organisation ne cherchait pas à soustraire le Nigeria à l’examen de la communauté internationale, mais plaidait pour l’équité, la transparence et l’inclusivité dans l’évaluation des efforts déployés par le pays contre la traite des personnes.
« NACTAL Nigeria ne demande pas que le Nigeria soit exempté de tout examen. Nous demandons une évaluation globale, fondée sur des éléments probants et reflétant l’ensemble des interventions pertinentes », a-t-il déclaré.
Il a décrit la lutte contre la traite des personnes comme une responsabilité collective nécessitant une collaboration efficace entre les organismes gouvernementaux, les organisations de la société civile, les partenaires au développement et les communautés locales.
« Les organisations de la société civile ne sont pas de simples spectatrices dans la lutte contre la traite des personnes. Elles participent activement à la prévention, à la protection, aux partenariats et à la réinsertion. Leur travail mérite d’être correctement documenté, pris en compte et reconnu », a déclaré Osemene.
Il a réaffirmé l’engagement de NACTAL à collaborer avec les parties prenantes concernées afin de renforcer la réponse du Nigeria à la traite des personnes, de protéger les personnes vulnérables, de préserver la dignité des survivants et de veiller à ce que les auteurs de la traite des personnes soient traduits en justice.