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15 enfants et 94 autres personnes meurent dans le naufrage le plus meurtrier au large de Djibouti

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Au moins 109 migrants, dont 15 enfants, ont péri et plus de 116 autres sont toujours portés disparus après le chavirement d’une embarcation qui transportait 305 personnes, a annoncé aujourd’hui l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« C’est une perte en vies humaines dévastatrice. Nos pensées vont aux survivants et aux familles qui ont perdu des proches ou qui sont toujours sans nouvelles des leurs », a déclaré M. Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti. « Nos équipes sont sur le terrain aux côtés des autorités locales afin de fournir une aide d’urgence. Cette tragédie rappelle de manière dramatique les dangers auxquels sont confrontés les migrants le long de ce corridor migratoire, alors qu’ils cherchent des perspectives économiques. »

Selon les survivants, l’embarcation faisait route de Djibouti vers le Yémen lorsqu’elle a chaviré près de Guhere, au nord d’Obock, dans la nuit du 8 au 9 octobre. Parmi les 109 corps retrouvés figurent ceux de 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants, dont neuf filles et six garçons. Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage ; toutes sont de nationalité éthiopienne. L’OIM apporte son soutien à 64 survivants dans son Centre de réponse aux migrants (MRC) d’Obock, en leur fournissant des soins de santé, un accompagnement psychosocial, des services de protection, un hébergement temporaire, une aide alimentaire ainsi qu’un soutien pour rétablir le contact avec leurs familles.

Les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche et de sauvetage, tandis que les inquiétudes grandissent pour les personnes toujours portées disparues. Elles apportent également des soins médicaux aux survivants et organisent des inhumations dignes pour les personnes décédées.

Chaque année, des dizaines de milliers de migrants originaires de la Corne de l’Afrique traversent Djibouti puis le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre le Yémen, dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe et d’y trouver sécurité, stabilité et emploi. La pauvreté, l’insécurité et les effets croissants du changement climatique poussent nombre d’entre eux à entreprendre ce voyage, malgré l’instabilité grandissante au Moyen-Orient.

Malgré les violences au Yémen, des migrants continuent d’entreprendre ces périlleux voyages dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe. Depuis le 10 septembre, plus de 20 000 mouvements d’entrée à Djibouti en provenance d’Éthiopie ont été observés par la Matrice de suivi des déplacements de l’OIM.

La traversée maritime n’est qu’un des dangers auxquels ils sont exposés. Les migrants qui atteignent le Yémen risquent d’être victimes de violences, d’arrestations et de détentions arbitraires, d’exploitation et de traite. Alors que les mouvements le long de la route orientale se poursuivent, les migrants restent exposés à de graves risques à chaque étape de leur parcours. Cela montre que survivre à la traversée ne signifie pas nécessairement parvenir à la sécurité, notamment dans un contexte d’insécurité persistante et de difficultés humanitaires au Yémen.

En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont disparu le long de cette route, selon le Projet de l’OIM sur les migrants disparus, tandis que le nombre de personnes qui l’empruntaient augmentait de 18 %. Un autre naufrage, survenu en mars 2026, a fait neuf morts et 45 disparus.

L’OIM travaille en étroite collaboration avec les autorités djiboutiennes afin de venir en aide aux migrants et de prévenir les décès en mer et sur terre.

Face à l’augmentation des besoins et à la limitation des financements, l’OIM appelle les donateurs et ses partenaires à renforcer leur soutien à la réponse de Djibouti, notamment aux opérations de recherche et de sauvetage ainsi qu’à l’aide vitale. Elle appelle également à élargir les voies de migration sûres afin de réduire les risques auxquels s’exposent les personnes qui entreprennent ces voyages.

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