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Un tribunal de Naples annule la détention de 45 jours du Sea-Watch 5

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La détention de 45 jours du Sea-Watch 5, ainsi que l’amende de 7 500 euros, ont été annulées par le tribunal de Naples.

Les sanctions avaient été imposées au motif que le Sea-Watch 5 n’aurait pas communiqué avec les autorités libyennes lors d’une opération de sauvetage menée en août.

Sea-Watch considère cette procédure comme illégale et avait engagé une action en justice. Dans une décision préliminaire, le tribunal a suivi l’argumentation de Sea-Watch et annulé à la fois la mesure de détention et l’amende. Le Sea-Watch 5 peut désormais reprendre la mer pour mener des opérations de sauvetage.

Les sanctions contre Sea-Watch avaient été imposées à la suite d’une opération de sauvetage menée le 13 août, au cours de laquelle l’équipage du Sea-Watch 5 avait secouru six personnes dans les eaux internationales. Après que les autorités italiennes eurent ordonné au navire de rejoindre le port éloigné de Naples, l’équipage a été accusé de ne pas avoir informé les autorités libyennes du sauvetage à son arrivée. Le navire avait alors été placé en détention.

Sea-Watch salue la décision du tribunal, qu’elle considère comme le dernier succès d’une série de procédures judiciaires engagées contre les mesures de blocage visant les navires civils de sauvetage en mer sur la base du décret Piantedosi. Celui-ci oblige les équipages de sauvetage à suivre les instructions des autorités italiennes afin de communiquer avec les soi-disant « garde-côtes libyens » lors des opérations de sauvetage. Sea-Watch fait partie de la Justice Fleet, une alliance d’organisations civiles de sauvetage en mer qui rejettent catégoriquement toute coopération avec des acteurs libyens impliqués dans de graves violations des droits humains.

La porte-parole de Sea-Watch, Julia Winkler, explique :

« Cette décision remet en cause une loi qui était illégitime dès le départ. La Libye n’est pas un lieu sûr. Les soi-disant garde-côtes libyens font partie des violences que fuient les personnes migrantes — ils ne sont donc pas un acteur légitime du sauvetage en mer. La coopération de l’UE avec la Libye pour externaliser le contrôle migratoire constitue un crime contre les droits humains. Point final. »

Les succès judiciaires ne peuvent toutefois pas compenser le temps de sauvetage perdu. Depuis 2023, les autorités italiennes ont immobilisé des navires civils de sauvetage plus de 40 fois, leur faisant perdre au total plus de 900 jours d’activité. La détention du Sea-Watch 5 était déjà la huitième mesure de ce type rien qu’en 2026. À la mi-septembre, les navires civils de sauvetage avaient déjà été empêchés d’effectuer des opérations pendant plus de 200 jours cette année.

Il s’agit de journées durant lesquelles les navires de sauvetage ont été contraints de rester au port tandis que des personnes continuaient de mourir en mer : en 2026, plus de 1 700 personnes sont déjà mortes ou portées disparues sur les routes migratoires de la Méditerranée. Depuis l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir, plus de 10 000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée.

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