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Retour volontaire assisté, assistance post-arrivée et réintégration : le rôle de l’OIM expliqué
Vue d’ensemble
Les migrants se retrouvent parfois dans l’impossibilité de rester dans un pays d’accueil ou de transit — en raison de l’absence de statut légal, d’une détention ou de l’épuisement des autres possibilités. Dans ces circonstances, le retour peut devenir l’option la plus viable qui leur reste.
Le travail de l’OIM dans ce domaine s’articule autour de deux volets distincts mais liés, qui sont souvent confondus dans le débat public :
Retour volontaire assisté et réintégration (AVRR) : programmes dirigés et mis en œuvre par l’OIM, déclenchés par les migrants qui choisissent de retourner dans leur pays et sollicitent le soutien de l’OIM.
Assistance post-arrivée : soutien fourni par l’OIM à la demande d’un État d’accueil, afin d’aider cet État à apporter une assistance aux personnes arrivées dans le cadre d’opérations de retour — y compris les expulsions — menées par d’autres acteurs.
Ces deux volets reposent sur des bases juridiques différentes, sont déclenchés dans des circonstances différentes et impliquent un rôle différent pour l’OIM. Ils sont expliqués ci-dessous.
L’OIM reconnaît que les personnes confrontées à ces décisions les prennent rarement dans des circonstances totalement libres de toute contrainte. Une personne peut être confrontée à la détention, à l’épuisement de ses ressources ou à une situation juridique qui lui laisse peu d’alternatives. Dans les deux volets, notre rôle est de veiller à ce que les personnes aient accès à l’information et au soutien nécessaires, et que l’assistance soit fournie dans le plein respect de leurs droits et de leur dignité.
La capacité de l’OIM à fournir une assistance dans l’un ou l’autre de ces volets dépend des financements disponibles, du champ d’application des programmes et de l’accès opérationnel. Nous ne pouvons pas garantir une assistance dans tous les contextes.
RETOUR VOLONTAIRE ASSISTÉ ET RÉINTÉGRATION (AVRR)
L’AVRR est un programme dirigé par l’OIM. Il commence lorsqu’un migrant choisit de retourner dans son pays d’origine ou dans un pays où il a le droit d’entrer et de séjourner, et demande le soutien de l’OIM pour le faire. L’OIM n’initie pas les retours. C’est le migrant qui en prend l’initiative.
Avant toute assistance, l’OIM mène un entretien individuel de conseil afin de s’assurer que la personne dispose d’informations précises, neutres et complètes sur ses options et sur ce que l’OIM peut proposer. Si le migrant choisit de poursuivre la démarche, il confirme son consentement par écrit. Il peut poser des questions à tout moment et se retirer de la procédure sans conséquence.
L’assistance peut notamment comprendre :
- Des informations claires et neutres sur les options disponibles ;
- La mise en relation avec les services consulaires concernant les documents d’identité et de voyage ;
- Le transport et un soutien logistique ;
- L’identification des vulnérabilités et l’évaluation individuelle des besoins ;
- Un soutien adapté aux personnes en situation de vulnérabilité — notamment les enfants non accompagnés, les victimes de traite et les personnes ayant des besoins médicaux ;
- Une assistance après l’arrivée et une aide à la réintégration dans le pays d’origine ou le pays de séjour légal.
Le soutien de l’OIM ne prend pas fin à l’arrivée. L’aide à la réintégration vise à favoriser l’autonomie économique, le bien-être psychosocial et la stabilité sociale.
L’AVRR n’est pas une mesure coercitive. Il repose sur l’initiative du migrant et son consentement, et est entièrement distinct des expulsions ou éloignements forcés, qui sont effectués par certains gouvernements.
En 2025, l’OIM a aidé plus de 81 000 personnes à retourner dans leur pays depuis 115 pays dans le cadre de l’AVRR, et a fourni une assistance à la réintégration à plus de 82 000 personnes, dans 147 pays d’origine. Ces chiffres correspondent aux personnes qui ont spécifiquement demandé et reçu le soutien de l’OIM ; ils ne constituent pas un décompte de l’ensemble des retours effectués dans le monde.
ASSISTANCE POST-ARRIVÉE DANS LE CONTEXTE DE RETOURS EFFECTUÉS PAR D’AUTRES ACTEURS
Les gouvernements procèdent aux opérations de retour — y compris les expulsions et les éloignements forcés — indépendamment de l’OIM. Dans certains cas, l’État d’accueil demande à l’OIM de renforcer sa capacité à assister les personnes qui sont arrivées.
Il s’agit d’une situation fondamentalement différente de l’AVRR. L’OIM n’est pas l’opérateur du retour. Elle ne participe pas aux accords bilatéraux entre les États. L’OIM ne joue aucun rôle dans la décision d’éloigner une personne, dans la logistique de l’éloignement ou dans le cadre juridique qui le régit.
L’intervention de l’OIM ne commence qu’après l’arrivée et uniquement à la demande de l’État d’accueil. Lorsqu’elle est fournie, l’assistance post-arrivée de l’OIM ne constitue pas une approbation de la décision d’un État d’éloigner ou d’admettre une personne. L’OIM fournit cette assistance dans le cadre de son mandat visant à soutenir les migrants en situation de vulnérabilité.
Retours vers le pays d’origine
Lorsque des migrants sont renvoyés par un acteur tiers vers leur pays d’origine, l’OIM peut — à la demande de l’État d’accueil — fournir une assistance fondée sur les besoins, notamment des soins de santé, des services de conseil, une évaluation en matière de protection, d’autres services essentiels et une aide à la réintégration.
Avant d’intervenir, l’OIM procède à sa propre évaluation indépendante en matière de protection afin de confirmer que la personne a été officiellement admise, que ses droits et sa dignité peuvent être respectés, que l’environnement opérationnel permet une intervention de l’OIM et qu’un consentement véritable peut être obtenu. L’OIM ne fournit pas d’assistance lorsque ces conditions ne sont pas réunies.
Éloignement vers un pays tiers
Dans certains cas — sur la base d’accords entre États — les migrants sont transférés non pas vers leur pays d’origine, mais vers un pays tiers. L’OIM ne négocie pas et n’approuve pas les accords conduisant à de tels transferts et ne joue aucun rôle dans le transfert lui-même.
Lorsque l’État d’accueil demande le soutien de l’OIM, celle-ci peut fournir des soins de santé, des services de conseil et un soutien en matière d’évaluation de la protection, ainsi qu’un accès à d’autres services essentiels pour les migrants arrivés dans ce pays tiers, sous réserve de la même évaluation de protection décrite ci-dessus.
Les personnes se trouvant dans un pays tiers et souhaitant retourner volontairement dans leur pays d’origine peuvent demander le soutien de l’OIM à cette fin. Ce retour ultérieur est pris en charge dans le cadre des procédures habituelles de l’AVRR et repose sur l’initiative et le consentement du migrant.
Avant d’accepter d’intervenir, l’OIM évalue si des garanties essentielles peuvent être mises en place, notamment des dispositions relatives au séjour légal, la liberté de circulation et l’accès à la protection internationale. Lorsque ces conditions ne peuvent être réunies, l’OIM peut refuser d’intervenir ou limiter l’assistance qu’elle fournit.
Ce que l’OIM ne fait dans aucun de ces deux contextes
- Elle ne force personne à retourner ;
- Elle ne procède pas aux expulsions, aux éloignements forcés ou aux transferts ;
- Elle ne négocie pas et n’approuve pas les accords bilatéraux d’éloignement ou de transfert entre États ;
- Elle ne fournit pas d’assistance lorsque celle-ci risque de contribuer à un refoulement, à une discrimination ou à des violations des garanties procédurales.
Des informations rendues publiques indiquent que, du début de 2025 à septembre 2026, des dizaines de milliers de personnes ont été transférées des États-Unis vers des pays tiers.
L’engagement de l’OIM dans ce contexte dépend entièrement d’une demande du gouvernement d’accueil et de l’existence de garanties appropriées. Lorsque l’OIM a été sollicitée et que ces conditions sont réunies, elle avait, en septembre 2026, apporté son soutien à environ 800 personnes, en fournissant des soins de santé, des services de conseil et une évaluation en matière de protection ; environ 300 d’entre elles ont ensuite choisi de retourner volontairement dans leur pays.
L’écart entre ce nombre et les dizaines de milliers de personnes éloignées reflète le fait que peu de gouvernements ont invité l’OIM à intervenir ou que les conditions exigées par l’organisation n’étaient pas réunies.