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SOS Humanity accuse Frontex de faciliter les refoulements de migrants vers la Libye
L’organisation humanitaire SOS Humanity a accusé l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, de faciliter l’interception de migrants et de réfugiés tentant de traverser la Méditerranée, ainsi que leur renvoi illégal en Libye, où ils sont exposés à la torture, au viol, à la détention arbitraire et à d’autres formes de mauvais traitements.
L’organisation a déclaré que les opérations de surveillance aérienne de Frontex, menées à l’aide d’avions et de drones, servaient à transmettre des informations sur les embarcations transportant des migrants aux acteurs chargés de les intercepter et de les renvoyer dans des centres de détention en Libye.
Dans un communiqué, SOS Humanity a exprimé ses préoccupations concernant la décision de l’Union européenne (UE) d’augmenter davantage le budget de Frontex et d’élargir ses pouvoirs, malgré les accusations croissantes de violations des droits humains visant l’agence.
L’organisation a notamment évoqué le cas d’un ressortissant soudanais, soutenu par l’organisation front-LEX dans le cadre d’une action en justice contre Frontex devant les juridictions européennes.
Selon SOS Humanity, cet homme a tenté à plusieurs reprises de traverser la Méditerranée après avoir fui le Soudan, mais a été intercepté à chaque fois par ce qu’elle appelle les garde-côtes libyens, avant d’être renvoyé en Libye.
L’organisation a indiqué que son expérience reflétait les témoignages régulièrement rapportés par des survivants secourus par ses navires humanitaires.
Elle a également fait référence à un incident survenu en juin 2026, au cours duquel Frontex aurait reconnu avoir partagé des informations avec les autorités libyennes au sujet d’une situation de détresse en mer.
À la suite de cet incident, les garde-côtes libyens auraient délibérément percuté une embarcation transportant des personnes, dont des enfants, qui tentaient de fuir en traversant la Méditerranée. Cette manœuvre aurait entraîné la chute de certaines personnes à la mer, tandis que d’autres auraient été battues à bord du navire de patrouille.
SOS Humanity a par ailleurs affirmé que les accusations visant Frontex s’accumulaient depuis plusieurs années. Elle a notamment cité des enquêtes menées par des journalistes et des organisations de surveillance, dont Aegean Boat Report, sur l’implication présumée de l’agence dans des refoulements violents aux frontières extérieures de l’Union européenne avec la Grèce, ou sur sa tentative de dissimuler ces pratiques.
L’organisation a également évoqué des enquêtes menées en France impliquant l’ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri, concernant des allégations de crimes contre l’humanité. Ce dernier est accusé d’avoir encouragé le personnel de l’agence à faciliter les interceptions menées par les autorités libyennes et grecques.
L’organisation humanitaire a déclaré avoir régulièrement dénoncé les activités de surveillance aérienne de Frontex, estimant qu’elles étaient utilisées pour faciliter l’interception forcée des migrants plutôt que pour secourir les personnes en détresse en mer.
David Yambio, directeur exécutif de l’initiative Refugees in Libya et parrain du navire de sauvetage Humanity 2 de SOS Humanity, a accusé l’agence de contribuer aux exactions commises contre les migrants.
« Aujourd’hui plus que jamais, Frontex, le bras long et violent de l’Europe, rend tout plus dangereux. Nous continuerons, dans les années à venir, à lutter et à réclamer justice et responsabilité », a déclaré M. Yambio.
SOS Humanity a affirmé qu’elle poursuivrait ses activités de surveillance et de documentation des opérations en mer, ainsi que son plaidoyer en faveur de la protection des migrants et des réfugiés.
L’organisation a souligné que les personnes secourues ou retrouvées en détresse en Méditerranée devaient être débarquées dans des lieux sûrs, conformément aux droits que leur garantit le droit international.