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Cinquante-huit organisations et mouvements signent le Manifeste de Cotonou pour la liberté de circulation

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58 organisations et mouvements signent le Manifeste de Cotonou pour la liberté de circulation

Cinquante-huit organisations, mouvements et collectifs ont signé le Manifeste de Cotonou pou r la liberté de circulation, appelant à mettre fin à l’externalisation des contrôles aux frontières, à fermer les centres de détention et à renforcer la protection des personnes en déplacement.

Le manifeste a été élaboré collectivement au sein du Village des migrations lors du Forum social mondial récemment organisé à Cotonou, au Bénin. Il a été rédigé et porté par des survivants des routes migratoires, avec le soutien d’organisations œuvrant dans les domaines de la migration, des droits humains et de la liberté de circulation.

Intitulé « Nos corps ne sont pas vos frontières », le manifeste réunit des victimes, des survivants, des familles, des militants et des organisations qui affirment vouloir démanteler ce qu’ils décrivent comme un régime migratoire raciste.

Les signataires ont déclaré que de nombreux survivants avaient vécu des traversées meurtrières du désert, des passages en prison et dans des centres de détention, des vols d’expulsion, des refoulements, des attaques racistes, des enlèvements en mer, des situations d’esclavage et d’autres formes de traitement inhumain. Ils estiment que les souffrances et les décès de migrants sont de plus en plus utilisés pour justifier des politiques migratoires restrictives.

Les organisations ont accusé l’Union européenne d’être à l’avant-garde des politiques visant à externaliser le contrôle des frontières vers l’Afrique. Selon elles, les gouvernements européens ont financé et soutenu des gouvernements, des garde-côtes, des milices, des systèmes de détention et des infrastructures de surveillance afin d’empêcher les migrants d’atteindre le territoire européen.

Elles ont notamment cité la coopération avec des pays tels que la Tunisie, la Libye, le Maroc, l’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Sénégal, estimant que ces accords avaient transformé certaines régions d’Afrique en espaces de détention et de danger pour les migrants. La Libye, ont-elles affirmé, serait devenue un « laboratoire » de ce système.

Le manifeste critique également le rôle de Frontex, accusant l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes de contribuer aux refoulements et de faciliter l’interception de bateaux transportant des réfugiés. Il dénonce en outre ce qu’il décrit comme l’extension du dispositif européen de sécurisation des migrations aux pays africains.

Les organisations ont également exprimé leur inquiétude concernant le rôle d’agences internationales, notamment l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le HCR. Elles estiment que des expressions telles que « analyse des risques », « gestion des frontières » et « retour volontaire » peuvent dissimuler des politiques visant à suivre, contenir et expulser les migrants avant qu’ils n’atteignent leurs destinations.

Les gouvernements africains ont également été critiqués. Les signataires estiment que les États africains ne peuvent pas continuer à se présenter uniquement comme des victimes des politiques migratoires européennes tout en acceptant des financements pour surveiller les frontières de l’Europe et en participant à la détention, à l’expulsion et à l’abandon de ressortissants africains sur le continent.

Ils ont aussi accusé l’Union africaine de ne pas répondre suffisamment au traitement réservé aux migrants africains et ont estimé que l’engagement du continent en faveur de la libre circulation restait fortement limité.

Le manifeste appelle à mettre fin à l’externalisation du contrôle des frontières, à fermer les centres de détention et les centres dits de retour, et à garantir un accès effectif à l’asile. Il exhorte également les États à respecter leurs engagements internationaux en matière de droits humains et de protection des réfugiés.

Les signataires demandent par ailleurs que les survivants et les familles des migrants morts sur les routes migratoires participent aux institutions et aux négociations qui influent sur leur vie.

Ils réclament aussi la liberté de circulation et le droit pour chacun de choisir son lieu de résidence et de voyager en toute sécurité. Ils demandent l’abolition des systèmes de visas, estimant que ceux-ci imposent une charge disproportionnée aux populations du Sud global.

Selon le manifeste, la liberté de circulation favoriserait les liens économiques, sociaux et culturels entre les pays et les peuples, tout en renforçant la capacité des femmes et des minorités de genre à rechercher la sécurité et la liberté. Les signataires établissent également un lien entre la libre circulation, l’unité panafricaine et la décolonisation.

Les organisations affirment que les migrants et leurs alliés continueront à développer des réseaux transnationaux et des structures de solidarité afin de contester les systèmes frontaliers restrictifs et de soutenir les personnes en déplacement.

Le manifeste se conclut par une série de déclarations, notamment : « Notre migration forcée n’est pas votre invasion », « Les êtres humains ne sont pas vos monnaies d’échange », « Nos corps ne sont pas les frontières de l’Europe » et « Nos vies ne sont pas la monnaie de l’Afrique ».

Parmi les 58 signataires figurent Refugees in Libya, WatchTheMed Alarm Phone, Migreurop, SOSAPROFEM, Southern Africa Migration Network, Voice of Migrants Association, Female Returned Migrant Network, Migrants Lives Matter, Advocates Female Migrants Initiative, ainsi que plusieurs autres organisations africaines, européennes et internationales.

Le manifeste affirme que le Village des migrations du Forum social mondial de Cotonou constitue une nouvelle étape vers le renforcement de la coopération entre les mouvements et les survivants dans la campagne continue en faveur de la liberté de circulation.

Élaboré et dirigé par des survivants. »

Soutenu par les organisations, mouvements et collectifs suivants :

  1. Advocates Female Migrants Initiative (Nigeria)
  2. Afrique-Europe Interact (réseau transnational)
  3. Al Bawsala (Tunisie)
  4. Alarme Phone Sahara
  5. Alerte Migration Afrique (Burkina Faso)
  6. Programme d’études sur les ethnies et diasporas arabes et musulmanes, San Francisco State University (États-Unis)
  7. Association des Mères des Disparus en Tunisie (Tunisie)
  8. Association Éducation Togo (AET, Togo)
  9. Association Malienne des Expulsés (AME, Mali)
  10. Association Marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV, Maroc)
  11. Association Marocaine des droits humains (AMDH, Maroc)
  12. Association Mauritanienne pour la Citoyenneté et le Développement (AMCD, Mauritanie)
  13. Association Nationale des Partenaires Migrants (ANPM, Sénégal)
  14. Association Togolaise des Expulsés (ATE, Togo)
  15. Boza Fii (Sénégal)
  16. Caritas Dakar/PARI (Sénégal)
  17. Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA, Algérie)
  18. Citoyennes Citoyens Debout Mauritanie (CCD, Mauritanie)
  19. Climáximo (Portugal)
  20. Collectif contre la criminalisation de la solidarité et de l’engagement citoyen en Tunisie
  21. Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc (CMSM, Maroc)
  22. CRID (France)
  23. Direy Ben Gao/RMSM (Mali)
  24. Ebrima Migrant Situation Foundation (Gambie)
  25. Female Returned Migrant Network – FREMNET (Nigeria)
  26. 50 Out of Many (Grèce)
  27. Groupe Solidarité des Groupements Féminins au Togo
  28. Jeunesses Nigériennes au Service du Développement Durable (JNSDD AIKIN KASA) (Niger)
  29. KISA – Equality, Support, Antiracism (Chypre)
  30. Medico International
  31. Mediterr
  32. Migrants Lives Matter (Nigeria)
  33. Migreurop (réseau euro-africain)
  34. Projet MV Louise Michel
  35. Network of Ex-Asylum Seekers – NEAS (Sierra Leone)
  36. Network of People with Migration Experience (Nigeria)
  37. Nomad 08 (Tunisie)
  38. OGLMI – Terre de Liberté (Guinée)
  39. ONG Opinion Éclairée (Côte d’Ivoire)
  40. ONG UNION FAIT LA FORCE (Bénin)
  41. Réseau des ONG palestiniennes
  42. Refugees in Libya (RiL)
  43. Réseau Maghreb Sahel sur les Migrations
  44. Réseau ROA-PRODMAC (réseau africain)
  45. Riposte Internationale (Algérie)
  46. Right2Protest Project Africa
  47. Rootstv.tn (Tunisie)
  48. Solidarités Asie France (SAF)
  49. SOSAPROFEM (Sénégal)
  50. Southern Africa Migration Network (SAMIN)
  51. Teaching Palestine: Pedagogical Praxis and the Indivisibility of Justice
  52. Équipe éditoriale de trans-border.net
  53. Un Monde Avenir (Cameroun)
  54. Voice of Migrants Association – VOMA (Nigeria)
  55. Voice of Talia Initiative Foundation (Nigeria)
  56. WatchTheMed Alarm Phone
  57. Welcome to Europe
  58. We’ll Come United (Allemagne)

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